Si la France a été mise en stand-by pendant près de deux mois, au 11 mai se présage un déconfinement progressif et un rayon de mobilité individuelle passant de 1km à … 100km. Même si la plupart de la population française sera encouragée à rester semi-confinée, ou à télétravailler, lorsque les déplacements seront envisagés, le choix du mode de déplacement sera fondamental. En effet, nous atteignons une période déterminante pour nos mobilités ; si nous ne saisissons pas l’opportunité de promouvoir des mobilités plus durables, nous risquons de perdre les bénéfices qu’avaient apporté les Plans de Mobilité en basculant vers un accroissement de l’usage de la voiture individuelle dès le déconfinement. 

crédits photo A.Rouiller

Le 11 mai ou le questionnement des routines

La crise sanitaire et le confinement qui l’a accompagnée constituent un moment de rupture totale avec les habitudes qui étaient ancrées dans notre quotidien ; qu’elles relèvent de la consommation, des déplacements, des relations sociales, ou encore de l’approche au travail. Ces ruptures aboutissent le plus souvent à une réévaluation de nos comportements pour lesquels on se pose la question du « comment faire » au regard de la situation donnée. Ainsi, nous avons pris pour habitude de moins se déplacer, mais aussi d’éviter tout contact avec un nombre important d’inconnus. 

 

L'attrait des modes de transport individuels

On fera peut-être moins les soldes dès l’ouverture des magasins, mais on aura aussi certainement tendance à éviter l’usage des transports en commun, et encore plus en heure de pointe. Malgré les nouvelles règles de fonctionnement qui se dessinent pour les transports en commun au 11 mai, la méfiance risque de persister un moment et certains habitués de « l’avant » risquent d’être tentés par des modes plus individuels. 

Parmi eux : la voiture est celui auquel on pense le plus facilement, mais il ne faut pas négliger les modes actifs, qui permettent aussi de respecter les gestes barrières puisqu’ils n’accueillent qu’un usager à la fois. Cette catégorie regroupe le vélo (classique, à assistance électrique, pliant…), la trottinette (mécanique ou électrique, individuelle ou en partage…) et la constellation des EDP, les engins de déplacement personnels comme le Hoverboard ou le skateboard. 

 

(Ré)exploiter les modes actifs ?

Ceux-ci présentent une solution claire à ces préoccupations, mais rappelons juste un fait : leur usage concernait très peu de trajets jusqu‘à présent et selon le CERTU, 3% des déplacements des Français étaient effectués à vélo, part qui varie de 2 à 7,5% selon les localités, mais qui reste faible. Pour les EDP, le taux est certainement plus bas, aux environs de 1%, malgré leur essor ces dernières années.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce faible taux : tout d’abord la culture automobile fortement ancrée dans nos esprits – la voiture personnelle reste souvent perçue comme le seul moyen efficace de se déplacer, alliant confort, vitesse et flexibilité … même si les embouteillages et le temps passé à chercher une place de stationnement en centre ville montrent bien souvent le contraire.

 

La massification du vélo passera par la sécurisation des trajets...

Le "système voiture" étant tellement développé, il laisse souvent peu de place aux autres modes sur l'espace public. A en juger le taux des routes étant accompagnées de pistes ou bandes cyclables... En résulte un sentiment d’insécurité à vélo, récurrent chez les non-cyclistes, et qui semble être le sujet à traiter ces prochaines semaines et mois. 

Depuis quelques semaines d’ailleurs, le sujet revient et de nombreuses municipalités s’intéressent à l’"urbanisme tactique", imaginant des aménagements cyclables faciles à mettre en place et pouvant être posés de manière temporaire pour redonner de la place aux modes actifs, que ce soit du marquage au sol pour délimiter la place des modes de transport, des panneaux règlementant les vitesses maximales, ou même des stationnements sécurisés et sécurisants. Ces aménagements, encouragés par l'Etat et par le Cerema (voir le guide destiné à cet usage) permettront d’encourager de nombreux réfractaires à envisager les modes actifs plutôt que la voiture dans leurs futurs déplacements de proximité. 

 

... et par des mesures incitatives !

Pour permettre aux Français de s’équiper au niveau matériel, plusieurs actions émergent, dont la plus emblématique : le forfait individuel de 50€ par personne pour permettre la réparation des vélos individuels, mais aussi de se remettre en selle grâce à des mini-formations. On décrypte le tout dans un article dédié (cliquez ici pour en savoir plus).

Et si l’Etat et les territoires ont senti cet enjeu, les employeurs ont tout intérêt à suivre le mouvement et intégrer le sujet au sein de leur Plan de Mobilité. Les avantages du "vélotaf" ont déjà été exposés : outre le coût réduit d’utilisation du vélo et le peu d’espace dont il a besoin pour circuler et se stationner, il permet de réaliser une activité physique modérée (disons-le, après ce confinement nous en avons besoin !), de ne pas subir les embouteillages, il stimule le sentiment de bien-être en réduisant le stress… tout en contribuant à la réduction de notre empreinte environnementale ! Le mois qui arrive serait donc sans doute la période idoine pour (re)lancer le système d’indemnités kilométriques vélo et le Forfait Mobilités durables, d'organiser des sessions collectives de remise en selle ou des ateliers de réparation de vélos. Et pourquoi ne pas aller jusqu’à investir dans une petite flotte de vélos et de trottinettes ? 

 

Enfin, si le confinement nous aura marqués en profondeur, rappelons qu’il a eu un effet extrêmement positif sur la baisse des accidents de la route, et de la pollution de l’air, elle-même perçue comme un facteur aggravant de la propagation et de la gravité des symptômes liés au coronavirus. Et si la mobilité post-confinement devenait l'outil du post-crise sanitaire ?

 

En bref, le mois de mai est souvent vu comme le mois parfait pour se mettre au vélo, voici de nombreuses raisons de profiter de cette opportunité ! 

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